Nos actions

L’UNMA, caisse de résonance des difficultés réelles des professionnels et force de proposition s’attachera à faire valoir auprès des pouvoirs publics les dossiers prioritaires dont la prise en compte sera la garantie de la sauvegarde du secteur métiers d’art et de son développement.

1. Donner un statut spécifique aux professionnels des métiers d’art

Le périmètre identitaire des métiers d’arts est défini par la nomenclature des 217 métiers l’arrêté Dutreil de 2003. Cette liste, dont la gestion échappe aux organisations professionnelles, peut être affinée afin de faire rentrer dans la nomenclature des métiers oubliés (par exemple : l’art campanaire et les photographes portraitistes). Des synergies sont envisageables avec d’autres secteurs porteurs de savoir-faire spécifiques, notamment les arts de la table.

Une grande diversité de statuts caractérise le secteur métiers d’art dont les professionnels sont répartis dans trois secteurs d’activité :

- L’artisanat, dans lequel le métier d’art se distingue par le caractère artistique ou extraordinaire de sa production ;

- La petite industrie, ex. : faïencerie, facture instrumentale, maroquinerie…

- Les activités artistiques, c’est-à-dire les métiers de conception ou de production d’œuvres d’art, ex. : designers, graphistes, photographes.

Un statut unique de « Professionnel Métier d’Art » identifierait de façon plus spécifique une profession qui relève autant de la maîtrise technique que de la création artistique

 

2. Disposer de données objectives sur le secteur : l’Observatoire des métiers d’art

L’absence de données chiffrées spécifiques. Les catégories statistiques (sources INSEE ou ministères) ne permettent pas actuellement de comptabiliser avec précision le nombre de personnes qui exercent un métier. Par exemple, le métier d’ébéniste se retrouve dans 4 activités économiques différentes (fabrication et vernissage, réparation, fabrication de sièges, d’objets en bois) et ces activités ne comportent pas exclusivement des ébénistes.

Les organisations professionnelles et l’Etat ne disposent donc aujourd’hui que d’études ou d’observatoires partiels qui portent sur les activités des entreprises et non sur les métiers.

La création d’un « Observatoire national des métiers d’Art » réalisé en partenariat avec le ministère de l’Artisanat (Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services) et l’INSEE, est essentielle pour disposer d’un outil statistique fédératif, spécifique et pertinent permettant un suivi et une analyse fine de l’évolution du secteur.

Année après année les résultats obtenus permettront d’identifier les caractéristiques du secteur et de donner une image plus précise de son activité économique.

L’Observatoire comportera un volet « étude » sur un domaine spécifique de la profession (export, formation, commercialisation, trésorerie…) et un volet « baromètre » sur la situation économique des entreprises.

La fréquence des études de l’observatoire serait annuelle tandis que le baromètre serait semestriel.

Les résultats seront communiqués sur le site de l’UNMA

 

3. Clarifier et adapter le régime social et fiscal

Les professionnels des métiers d’art peuvent prétendre à une multitude de statuts:

Artisans inscrits au Répertoire des Métiers (30 % des effectifs de la profession)

Professions libérales – Artistes auteurs inscrits à la Maison des Artistes – Auto-entrepreneur

Artistes Auteurs – Gérants majoritaires de SARL (Société à Responsabilité Limitée), gérants appartenant à un collège de gérance majoritaire, associés exerçant une activité non salariée au sein de SARL- Associés uniques gérants de droit ou de fait d’EURL- Salariés- Fonctionnaires

Disséminées dans différents caisses et organismes de prévoyance et de retraite, les professionnels des métiers d’art sont peu représentés dans les instances paritaires de gestion et ne peuvent faire valoir les spécificités de leur filière.

Il en résulte une grande hétérogénéité de la protection sociale et pour certains professionnels une absence de couverture sociale.

Une même hétérogénéité caractérise le secteur sur le plan fiscal

Avec 3 taux de TVA, en fonction du statut : 7% ; 19,6% ou exonération.

Une réflexion doit être menée pour élaborer des dispositifs adaptés tant sur le plan social que fiscal. Pour garantir une égale protection sans exclusion et éviter des formes de précarité liées à la diversité des parcours, pour harmoniser la couverture sociale (maladie et vieillesse)

 

4. Adapter les dispositifs de transmission, de formation et d’apprentissage

Des savoir-faire en péril. De plus en plus d’artisans partent à la retraite sans repreneur : soit en l’absence de repreneur familial, ou de repreneurs suffisamment qualifiés. Le peu facilités financières accordées par le système bancaire, le lien étroit entre habitation et lieu de fabrication freinent également la transmission des entreprises.

Ce problème va se généraliser dans les années à venir. 84% des artisans d’art ont plus de 40 ans. (« Les professionnels de métiers d’art en France. Une étude statistique », Etude d’Anne Jourdain – 2010 Université de Picardie Jules Vernes).

L’arrêt d’activité dans des secteurs très pointus se traduit par la disparition d’un savoir-faire et parfois également par la disparition des outils liés à ce savoir-faire.

Des pistes sont à explorer pour assurer la transmission au niveau des entreprises

Mise en place en amont d’un système de tutorat entre les cédants et les repreneurs afin de prévoir à l’avance les reprises.

Création d’un système de veille (en liaison avec des structures existantes notamment l’Institut Supérieur des Métiers) permettant aux repreneurs de connaître les offres de cession.

Aides financières (recherche de cautionnement type SIAGI, fonds d’investissement adapté aux TPE).

La transmission c’est aussi la transmission du geste qui ne peut se faire qu’oralement et par la répétition d’une pratique.

L’accroissement du nombre d’élèves auprès des Maîtres d’Art est essentiel pour le maître, qui s’implique au plan pédagogique tout en continuant à assurer la poursuite de son oeuvre ; pour l’élève, qui apprend bien plus qu’un simple travail ; et pour la sauvegarde d’un patrimoine national afin que ne se perde pas la « mémoire du geste ».

La formation, un enjeu essentiel

La multiplicité des organismes de formation, l’absence de diplômes de haut niveau et la disparité entre Paris et la province caractérisent la filière. Il existe en France 5 filières de formation professionnelle : Education nationale, Compagnonnage, filière culture, écoles privées et filières artisanales ; auxquelles il faut ajouter la formation professionnelle continue.

Des pistes sont à explorer pour :

- impliquer les organisations professionnelles dans les réflexions sur l’avenir de la formation.

- intégrer les besoins des professionnels afin d’optimiser les opportunités de débouchés réels. 1/3 des Entreprises du Patrimoine Vivant rencontrent des difficultés pour recruter du personnel de production. Les difficultés d’embauches constatées tiennent essentiellement à la rareté des compétences recherchées sur le marché. (Enquête EPV 2010).

- valoriser la filière universitaire Métiers d’Art par la mise en place d’un niveau Licence Master Doctorat, conformément au système européen, afin d’intégrer la recherche, notamment sur les matières, essentielle à l’innovation.
Il en découlera à la fois une « respectabilité » de la filière – les métiers d’art, ce n’est pas seulement de la technique – et une réévaluation des niveaux de rémunération des emplois.

- faciliter l’accès des apprentis auprès des ateliers et des Maîtres d’apprentissage en obtenant pour les formateurs une rémunération motivante pour qu’ils acceptent davantage de stagiaires.

 

5. Structurer et professionnaliser la commercialisation essentielle au maintien et au développement du secteur

Les métiers d’art sont avant tout un marché de niche.

La distribution de produits de créations est très peu dense et articulée autour de trois axes :

- Les circuits de commercialisation courts : (vente directe en atelier d’objets ou de services, salons professionnels ou grand public, marché de potiers, marché métiers d’Art).

- Les réseaux de commercialisation de distribution reposant sur des entités indépendantes : concepts store haut de gamme (Talents, Merci, Colette), galeries, boutiques sélective, boutique de décoration sélective et d’Art de la table. Architectes décorateurs.

- Les réseaux de boutiques Métiers d’Art gérées par des collectivités locales.

L’essentiel de la commercialisation se passe à un niveau local et national avec peu d’ouverture à l’international.

Seul 7 % du chiffre d’affaires global produit par le secteur des Métiers d’Art est réalisé à l’export. (Source DGCIS : 2011). Le dynamisme du luxe à l’exportation masque la faible internationalisation de l’ensemble du secteur.

Les débouchés potentiels sont liés à la notoriété, à la promotion, à la structuration des démarches commerciales

Un certain nombre des métiers ne sont pas connus du tout, et ceux qui le sont, souffrent parfois de clichés qui les figent dans des images passéiste, élitiste ou trop romantique.

Les métiers d’art souffrent globalement d’un manque de notoriété, d’une méconnaissance qui engendre une faible demande et également une faible attractivité auprès des jeunes.

La décision de rendre annuelle la Journées des Métiers d’art est une première étape pour améliorer la perception du grand public.

Travaillant majoritairement seuls les professionnels des métiers d’art ont des difficultés à concilier les nombreuses dimensions de leur activité : la conception, la production, la commercialisation, (présence sur les salons), voir l’ouverture de leur atelier (de manière permanente ou ponctuelle), à des visiteurs.

La forte dominante créative qui un atout compétitif se transforme en une faiblesse dès qu’il s’agit d’organiser une démarche commerciale structurée et sur le long terme.

L’isolement dans de petites communes est un frein à la recherche de débouchés. Les implantations en milieu urbain pour se rapprocher d’une clientèle potentielle sont rendues difficiles par les conditions du marché de l’immobilier.

Enfin, même si cela ne concerne qu’une minorité de professionnels, les conditions d’accès aux marchés publics de restauration des musées de France (régies par la loi sur les musées du 4/01/2002) sont très strictes. Les artisans et professionnels spécialisés dans la conservation-restauration, non habilités Institut National du Patrimoine, ne peuvent obtenir l’accès à ces marchés qu’après être passés devant un jury et satisfait à la présentation d’un dossier contraignant. Un assouplissement des règlements afin que les professionnels puissent obtenir systématiquement des attestations lors de travaux effectués pour l’ordre d’un opérateur public entrant dans le champ d’application de la loi permettrait, sans passage devant un jury, d’obtenir la certification.

 

6. Un exemple de valorisation : tourisme et métiers d’art. Dynamisation des territoires

La complémentarité tourisme métiers d’art est évidente et son développement implique les collectivités territoriales qui voient dans ces métiers une base possible du développement local. La valorisation des métiers d’art, liés à l’existence de savoir faire locaux, peut se traduire par :

- la création d’équipements spécifiques dédiés à la valorisation d’un savoir-faire traditionnel local (Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais, Espace Faïence de Malicorne (Sarthe), les villes de Pantin et de Pézenas).

- la mise en réseau et la mutualisation dans le cadre de « Routes touristiques »

- la valorisation du label Entreprise du Patrimoine Vivant

- la mise en place de « pôles métiers d’art ». Plus de 200 communes et intercommunalités ont mis en place des actions ou portent des projets assimilables à des pôles métiers d’art ; prés de 70 d’entre elles sont membres de l’association (et détentrices du label) Ville et Métiers d’Art. Les pôles métiers d’art sont le fruit de démarches volontaristes initiées par des élus désireux d’attirer des professionnels des métiers d’art, dont ils cherchent à favoriser l’installation en réponse à une préoccupation du territoire : identité, revitalisation (d’un village, d’un bourg centre ou d’un quartier), attractivité touristique… Mais, pour réussir, ces démarches doivent impérativement prendre en compte et intégrer les besoins des professionnels. Selon l’étude « Métiers d’art, un potentiel économique » de Jean-Michel Kosianski /Dexteris Consultant. Inter-régions n°297. Juillet-août 2011.Le développement de cette forme de valorisation nécessite de professionnaliser les actions par des études de faisabilité

- développer la mise en réseaux

- dynamiser l’accompagnement des collectivités locales