Nos missions

La création de l’UNMA structure représentative du secteur métiers d’art, de la création à la restauration, répond à une demande de reconnaissance d’un secteur mal identifié dont la représentation dispersée nuit à sa visibilité, réduit sa capacité d’intervention.

Elle s’inscrit dans un contexte marqué par une attente des professionnels et une évolution bénéfique de la représentation des métiers d’art au niveau politique.

La volonté des pouvoirs publics de prendre en compte les spécificités du secteur s’est traduite durant la dernière décennie par des avancées notables :

- la définition du périmètre identitaire du secteur métiers d’art, par arrêté ministériel du 12 décembre 2003 (paru au Journal Officiel du 27 décembre 2003). Renaud DUTREIL, alors Secrétaire d’Etat aux PME, au Commerce, à l’Artisanat, aux Professions Libérales et à la Consommation, a défini la liste officielle des 217 métiers de l’artisanat d’art, regroupés en 19 domaines. (Liste consultable sur le site de l’INMA et du Secrétariat d’Etat aux PME).

- la publication en 2009 du rapport de la sénatrice Catherine Dumas « Les métiers d’art, d’excellence et du luxe et les savoir-faire traditionnels : l’avenir entre nos mains » à la demande du premier ministre François Fillon. Lors de la remise du rapport, le 19 octobre 2009, le premier ministre soulignant que « Contrairement à l’image qui en est souvent donnée, ces métiers sont peut-être l’un des atouts de notre pays pour relever le défi de la mondialisation » a souhaité que les propositions de madame Dumas soient prises en compte, notamment la coordination des politiques en matière de métiers d’art afin de « défendre les valeurs de vos métiers, mais surtout de les rendre capables de vivre pleinement notre temps ».

- la création de l’INMA (Institut National des Métiers d’Art) en juin 2010, en réponse à ce rapport, constitue une première étape institutionnelle. L’INMA devient la structure de référence sous la tutelle des 3 ministères concernés par le secteur : le secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation – le ministère de la Culture et de la Communication – le ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative.

Face à cette structure interministérielle il est essentiel que la voix des professionnels des métiers d’art stricto sensu soit identifiée de façon claire et portée par une organisation professionnelle représentative qui devienne l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.

C’est une des raisons de la création de l’UNMA dont les statuts ont été déposés le 20 octobre 2011.

Structure associative et fédératrice au-delà des filières, l’UNMA est une étape pour sortir d’une dispersion et d’une méconnaissance qui freinent l’émergence des potentialités d’un secteur dont la pérennité et la croissance seront au coeur de son action.

a. Etre la parole unifiée des 217 métiers d’art

Le secteur, dont le périmètre est défini par la nomenclature Dutreuil (217 métiers d’art) est cependant mal identifié, tant au niveau de son image que sur le plan économique, social et statistique. Il pâtit :

- D’une atomisation structurelle

Les trois quarts des entreprises n’ont aucun salarié. 99% sont des TPE ou PME. La majorité des professionnels des métiers d’art travaillent seuls ou en couple dans leurs ateliers. Leur isolement et leur éloignement en raison d’implantation en milieu rural, sont à l’origine de l’insuffisante visibilité de leur offre.

– D’une représentation éclatée

Chambres syndicales, Union professionnelles, Associations, Fondations… la représentation des professionnels des métiers d’art est éclatée en une trentaine de structures. Un éclatement qui est lié à diversité des filières, à la complexité des statuts, à la dispersion géographique. Si la diversité un atout incontestable, l’éclatement de la représentativité est une faiblesse, particulièrement dans une période économique difficile. Une approche inter-filière permettra de valoriser les intelligences collectives sans porter atteinte à la spécificité des filières.

- D’une faible capacité d’intervention

La place du secteur métiers d’art reste sous représentée dans les instances consulaires ou représentatives telles l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers (2%) ou l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie.

b. Etre l’organisme de défense des intérêts des professionnels des métiers d’art

Les évolutions économiques de ces dernières décennies : mondialisation, concurrence des pays émergents ; la dispersion structurelle et l’absence de dispositifs adaptés aux spécificités de la profession en termes de couverture sociale, fiscalité, formation ; sont à l’origine des difficultés que traverse le secteur :

- Le nombre d’entreprises métiers d’art est en diminution et ce plusieurs années.

39.445 entreprises métiers d’art en 2002 (Source DCASPL- Panorama des entreprises des métiers d’art en France – sept 2007)

38.100 en 2008

34.554 en janvier 2009

La baisse est encore plus sensible concernant les emplois salariés : 72822 en 2000 – 63 566 en 2004 – 57 000 en 2009. (Source DCASPL et DGCIS, janvier 2011).

- Des métiers et de fait des savoir-faire disparaissent faute de repreneur, des filières s’amenuisent rendant leur voix inaudible.

- L’activité économique des entreprises ralentit (-3,5% en 2011) ???. Les deux tiers environ des entreprises métiers d’art auraient un chiffre d’affaires inférieur à 50 000 € et la moitié des PMA déclare ne pas gagner correctement sa vie.

- Les métiers d’art peinent à trouver des débouchés commerciaux tant en France qu’à l’étranger. L’exportation reste encore très marginale (- de 10%) du chiffre d’affaire total.

- Le grand public identifie mal les produits « métiers d’art » faute d’une communication spécifique.

c. Etre la promesse d’avenir d’un secteur à forte potentialité

Par leur réactivité, leur grande adaptabilité à la demande, aux prestations sur mesure, et leur créativité, les ateliers d’art représentent aujourd’hui un modèle économique et social en phase avec les enjeux actuels : proximité et personnalisation des productions, forte image de marque liée à la qualité « à la française ».

- Un potentiel de résistance et d’adaptation

Les professionnels des métiers d’art constituent un secteur mobile, adaptable et animé de la volonté de maintenir un savoir-faire authentique.

Le questionnaire réalisé par l’Observatoire d’Ateliers d’Art de France, en 2010, témoigne de cette capacité de résistance, d’une approche volontariste liée au choix d’une activité qui est une vocation, une réalisation personnelle. Ni résignés, ni passéistes, 53,4% des sondés estiment qu’il y a plus d’opportunités que de menaces et sont massivement favorables à l’innovation pour trouver de nouveaux clients.

- Un potentiel économique

Le secteur des métiers d’art se caractérise par une forte valeur ajoutée qui repose essentiellement (+ de 80%) sur le savoir-faire, le geste et l’expérience du créateur.

Le savoir-faire français jouit d’une très forte crédibilité auprès des consommateurs.
« l’excellence française » a une image positive à l’international.

A l’exportation le secteur luxe pèse presque autant à l’export que l’industrie automobile.

- Un potentiel social

Les artisans d’art sont créateurs de lien social. Ils sont présents sur l’ensemble du territoire y compris en zone rurale. Leur savoir faire est ancré dans un territoire et les traditions qui s’y rattachent ce qui constitue un atout pour dynamiser l’économie sur le plan régional et le développement touristique.

En terme de création d’emploi, le potentiel des PME est clairement souligné par une étude réalisée par la Commission européenne : entre 2002 et 2010 les PME ont assuré 85% de la création nette d’emploi, et au sein des PME les micro entreprises (-de 10 personnes occupées) ont assuré 58% de cette croissance. (ec.europa. eu/enterprise).

- Un potentiel artistique, culturel et patrimonial

Les métiers d’art ont en commun la science du geste, la référence à des méthodes de fabrication traditionnelles, les valeurs du beau, de l’authenticité ; l’exigence, la passion et l’amour du travail bien fait.

Ils sont porteurs d’un patrimoine immatériel aujourd’hui reconnu. L’artisanat d’art est compris dans la catégorie « Patrimoine culturel immatériel de l’humanité » définie par en 2003 par l’UNESCO, en témoigne l’inscription de la tapisserie d’Aubusson en 2009, le savoir faire de la dentelle au point d’Alençon, en 2011.

Les artisans d’art, par leur capacité de création et d’innovation jouent un rôle dans l’évolution des techniques et des matériaux.

Leurs savoir-faire d’excellence sont au service de la création artistique, de la préservation et de la restauration de notre patrimoine historique (monuments historiques, musées).

d. Etre l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics

En tant qu’espace de réflexion et de propositions l’UNMA, en relation avec l’INMA – la structure officielle de référence du secteur, s’emploiera à dresser un état des lieux et à élaborer des dispositifs adaptés répondant aux besoins des professionnels.

En tant que partenaire social, l’UNMA défendra les positions de ses adhérents et participera aux négociations avec les pouvoirs publics.