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Aude Tahon et Serge Nicole janvier 2018

Ecrivez à la ministre !

Le premier semestre 2018 sera déterminant pour l’avenir des métiers d’art. Dans un contexte de réduction à marche forcée du nombre des branches professionnelles, il y a urgence à la création d’une branche spécifique des métiers d’art, seul moyen pour continuer à exister de façon distincte, dans le respect de nos singularités.

Voici d’abord un point sur le contexte, tel qu’il a été établi lors du conseil d’administration de l’UNMA du 7 décembre dernier. (Téléchargeable ici)

Avec, tout d’abord, la volonté de l’Etat, en application de la loi sur la représentativité professionnelle, qui a commencé à se mettre en place au printemps dernier avec une réduction du nombre des branches professionnelles, et qui se poursuit dans la perspective d’une réduction encore plus importante. Ce projet qui agit dans les grandes masses, a tendance à négliger les singularités, particulièrement celles de nos métiers d’art. Or nos métiers d’art – avec leur positionnement économique bien particulier, avec leurs spécificités, avec les enjeux qui leur sont propres, en terme de formation, de transmission du savoir – sont radicalement singuliers.

En outre, la structuration des métiers d’art qui s’est faite par la création d’une multitude de filières dotées chacune de faibles effectifs, affaiblit considérablement la visibilité, l’audience ou la capacité de chaque filière à porter leurs revendications. Si cette situation de dispersion devait être entérinée par la loi, la voix des métiers d’art, noyée, morcelée, ne pourra se faire entendre. Qui pourrait penser que leurs spécificités seront respectées, quand on les aura livrés à un combat forcément inégal par l’absorption dans les branches industrielles, avec l’industrie du luxe, ou de l’ameublement… ?

Ce qui va se jouer dans les prochains mois, ce n’est rien de moins que l’avenir de notre secteur de métiers d’art : une fois les nouvelles branches professionnelles actées, il n’y aura plus de retour en arrière. Va-t-on laisser d’autres que nous décider de notre sort, alors même que nous nous battons depuis des années pour faire reconnaître une branche spécifique des métiers d’art ?  Alors même que nous avons d’ores et déjà remporté plusieurs batailles législatives qui étaient les premières étapes vers la création de cette branche unique ?

Nous pensons bien sûr ici à la loi ACTPE et à la loi Liberté de Création. Ces lois qui posent les bases de nos revendications, il suffit aujourd’hui de les dérouler. Tirer le fil, aller au bout de notre démarche. Et pour cela, nous devons nous faire entendre : nous devons porter la voix des métiers d’art, plus haut et plus fort !

Nous voulons créer les conditions du développement des métiers d’art, en les rendant pleinement maîtres de leur destin pour que puissent s’exprimer leur créativité, leur richesse, leur dynamisme.

Ce premier semestre 2018 sera donc déterminant, et les échéances courtes. Mais quelle formidable opportunité à saisir ! Il n’y a pas de temps à perdre, agissons, réagissons : nous sommes prêts.

Vous pouvez télécharger (ici si vous êtes un syndicat professionnel) un courrier type à remplir et à envoyer à la Ministre du Travail pour demander la création d’une branche spécifique de métiers d’art.

Et ce courrier, plus nous serons nombreux à l’envoyer, plus notre demande sera entendue : que toutes les organisations professionnelles de métiers d’art, que tous les ateliers, toutes les manufactures que vous pouvez connaître en reçoivent copie et qu’à leur tour, elles l’envoient au Ministère. Et que les métiers d’art, qui avaient déjà de l’or entre les mains, voient enfin se parachever la reconnaissance de la réalité de ce secteur économique et culturel des métiers d’art, laboratoire permanent de la création, si important pour l’économie globale du pays.

Aude Tahon et Serge Nicole
Présidente et précédent Président de l’UNMA